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Exposition : à |
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Villeneuve-Tolosane (voir plan) Méli-Mélo d'oeuvres en janvier et février
Peinture - Sculpture Nous nous reposons en attendant les beaux jours alors nous accrochons des oeuvres qui nous plaisent sans soucis de cohérence juste pour le plaisir
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et en attendant l'exposition sur le conte en voici d'ailleurs joliment troussé.... Compte d’aujourd’hui : un Conte Philosophico-économique de Christian Brochin
Professeur d'économie émérite* désagrégé de philosophie esthéticienne à l'université D'Icône au Clasthe près de Perpignan (* pas mieux**) Il était une fois, dans un pays merveilleux, un jeune neveu qui avait, fort logiquement d’ailleurs, un vieil oncle. Et comme il se doit dans un compte, cet oncle était évidement riche et avare. En fait, il était plutôt avare et riche, car, comme le veut encore la logique, si tous les riches ne sont pas forcement avares, tous les avares, eux, finissent par devenir riches. Ce pays merveilleux possédait, bien sur, tous les ingrédients merveilleux possibles et imaginaires. On trouvera la description de ces ingrédients dans tout conte correctement documenté, il est donc inutile de s’y attarder plus avant dans celui-ci. En fait, et pour dire la vérité, si ce pays merveilleux était si merveilleux, c’était surtout pour le riche oncle. Car, pour le pauvre neveu, le merveilleux tenait plus de l’idée que de la sensation physique. Mais on ne devisera jamais assez sur ce que peut faire croire au corps une âme bien intentionnée, ou bien dirigée,. Bref, voilà donc qu’un jour, notre neveu, pauvre et affamé, rencontre son oncle grassouillet, au détour d’un chemin. - Oh ! mon oncle, quel bonheur de vous voir ici. N’auriez vous pas un petit quelque chose à manger, pour votre neveu ? L’oncle, connu aussi bien pour son sens du commerce que pour son cœur de pierre, répond : - Bien sur, mon neveu, tiens, voilà un œuf. Et fais en bon usage ! ! ! Et il continue son chemin sans se retourner. Le neveu, quoique surpris, prend l’œuf, remercie et retourne dans sa modeste chambrette. Très concentré sur le choix qui, désormais, s’offrait à lui : à la coque, sur le plat, dur, mimosa… Quelques temps plus tard, au détour d’un autre chemin, le pays merveilleux en compte évidement beaucoup (des détours pas des chemins, puisqu’ils se croisent à chaque coup…), ils se rencontrent de nouveau (tiens, qu’est ce que je vous disait …). Le neveu espérant que la générosité de son oncle va se renouveler, attaque d'emblée. - Mon oncle, l’œuf que vous m’avez donné la semaine dernière était vraiment délicieux ! ! - Comment le sais-tu ? Oh ! ce n’est pas possible … tu l’as mangé !! Pauvre sot ! Je ne te l’ai pas donné pour le manger… mais pour le revendre ! Devant l’effarement de son neveu, l’oncle, dont la réputation d’entrepreneur avisé n’est pas usurpée, décide de l’initier au rude monde des affaires. Tout en fouillant dans sa poche, il commence son explication. - Tout d’abord, voici un autre œuf. Tu dois commencer par lui donner de la valeur ajoutée, en lui collant un label Bio, par exemple. Ensuite mets-le en vente dans un quartier fréquenté par des gens qui ont les moyens de payer plus cher, des œufs labellisés Bio. Avec l’argent de la première vente, achète 2 œufs et recommence la manœuvre plusieurs fois de suite (montée en puissance commerciale). Arrivé à 20 œufs, en labelliser 10 ‘’bio’’ et 10 ‘’commerce équitable’’ (diversification de la clientèle). Achète ensuite des poules, pour produire toi-même les œufs (intégration verticale)… Notre neveu, se prenant à rêver, voit sa fortune grossir … - Mais bien vite, d’autres apprentis affairistes vont se mettre à m’imiter (concurrence). - Afin de préserver tes marges, tu dois profiter de la mondialisation. En effet, pourquoi produire des œufs, quand on peut en importer d’un pays à bas salaires ? Laissant à d’autres le souci de devoir élever les poules, cette solution te permettra, en plus, de rester compétitif… - Mais si, manque de chance, mes principaux clients sont les producteurs locaux de grain. Ne vendant plus rien aux éleveurs locaux de poules, ils ne pourront plus acheter d’œufs locaux étiquetés Bio MIPM (Made in Pays Merveilleux). Ils se rabattront donc sur les œufs moins chers directement importés avec le label Bio. Une manière comme une autre d’accélérer le sciage de la branche sur laquelle on est assit… Car, comme le dit très justement un proverbe du pays merveilleux : nos omelettes sont nos emplois**. - Tu as raison. Très rapidement, les nouveaux entrants sur le marché conjugués aux nouveaux exclus consommateurs, amèneront à la surproduction (ou à la sous-consommation). Il faudra donc relancer le marché. L’astuce consiste alors, à faire courir le bruit d’une prochaine pénurie d’œufs. Les consommateurs se précipiteront immédiatement dans les magasins. Qu’importe le prix, bientôt, tout le monde stockera des œufs : du coup la pénurie deviendra effective. Les prix augmenteront encore. Comme les œufs deviendront très chers, même les gens qui ne les aiment pas en voudront aussi (effet de mode). D’ou nouvelle flambée des prix. N’étant plus destinés à être consommés, les œufs n’ont, en fait, plus besoin d’exister réellement. Il deviendra donc plus simple de commercer avec des d’œufs virtuels … Et le neveu imagine déjà une foule de "traders" en costume cravate, pressé autour d’une grande corbeille, se vendant et se revendant, dans un bruit de poulailler, des tonnes d’œufs qui n’existent même pas. Un peu en retrait, il aperçoit même un "trader" est en train de vendre à un de ses collègues un œuf magnifique (bien que virtuel) pour un prix fort raisonnable. Sitôt la transaction entérinée, soit quelques centièmes de seconde plus tard, via internet, notre "trader", pris de remords, se ravise et propose de racheter l’œuf 10% plus cher. Son collègue, étonné, accepte et, quelques centièmes de seconde plus tard, l’œuf change de propriétaire tout en augmentant de 10%. Mais bien vite, le second "trader" se demande s’il n’a pas fait aussi une erreur en revendant cet œuf et propose de le racheter pour encore 10% de plus. Et voilà notre œuf qui, continuant à faire des allez-retours entre nos deux compères, prend une valeur phénoménale sans plus aucun rapport avec l’objet réel. Cependant, au bout d’un moment, alors que notre œuf est déjà à plus de trente fois sa valeur initiale, un des "trader" décide d’arrêter les transactions et de garder définitivement l’œuf. Son compère, surpris, lui répond alors : « Quel dommage, nous gagnions pourtant si bien notre vie tous les deux jusqu’à maintenant » … Et oui, l’œuf est devenu un objet de spéculation ? L’oncle continu son explication. - En cette période d’œuf-au-riz* boursière, tu peux aussi utiliser aussi la technique dite des "13 œufs à la douzaine". La manœuvre consiste à acheter aujourd’hui 12 œufs au prix de 13, à condition de les payer plus tard. Avec l’augmentation incessante du prix de l’œuf, la douzaine d’œufs en vaudra 14 au moment de les régler. On a donc gagné 1 œuf, sans avoir un sous vaillant au départ. Et l’opération (effet de levier) peut se répéter indéfiniment, du moins tant que les prix continuent d’augmenter... - On va donc assister à un gonflement de bulle financière. Et si soudain, dans la frénésie collective, un œuf se brise, et que là, coup terrible, à l’odeur qui se dégage, tout le monde comprend que l’œuf est pourri ! ! ! Il va s’en suivre immédiatement le raisonnement suivant : si un œuf est pourri, les autres ont de grandes chances de l’être aussi (curieusement, même les œufs virtuels)… A LA VENTE ! ! ! ! va crier le marché. Comme tout le monde voudra vendre ses œufs en même temps et que plus personne ne voudra les acheter, les prix s’effondreront (éclatement de la bulle financière). On va sacrifier vite fait quelques milliers de poules dans l’espoir de faire remonter le prix de l’œuf, mais on ne réussira qu’à faire descendre le prix des poules. Puis se sera au tour des marchands de grain de baisser leurs prix pour essayer d’écouler leur production, puis aux fabricants de cages à poules, etc. etc. mais peine perdue… C’est la crise !! Logique d’ailleurs, comme le dit un adage du Pays Merveilleux : On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs**… Voilà notre neveu redescendu sur terre, qui pense que c’est là bien grande panique pour un simple œuf de poule. Il se retourne alors vers son parent. - Etes-vous vraiment sur, mon oncle, que j’ai eu tort de le manger quand il était encore frais ?… **facile… |
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